Les places de socialisation, un outil d’intégration

REISO – Revue d’information sociale

+ Appel à contributions : le dossier thématique consacré à l’activité physique

 

Les places de socialisation, un outil d’intégration

Dans les structures d’accueil de l’enfance, les places de socialisation pour les petit·es issus de familles vulnérables sont sujettes à des enjeux stratégiques et financiers. Coup de projecteur sur deux modèles, l’un vaudois, l’autre valaisan.

Par Marie Girard, cheffe de projet, Pro Enfance, Lausanne

 

Extraits :

Quel accès aux places de socialisation les enfants issus de familles vulnérables peuvent-ils prétendre ? Les recherches ont en effet démontré que l’accueil et l’éducation des enfants issus d’un contexte familial précaire dès la petite enfance facilite grandement leur intégration sociale et leur transition avec l’école. Proposer une place d’accueil aux familles exclues du marché du travail constitue donc une mesure efficace pour lutter contre la précarisation des enfants, favoriser l’égalité des chances et soutenir la cohésion sociale.

 

Donner accès aux structures d’accueil collectives

L’histoire de l’IPE de Marterey débute en 2014, lorsque les services sociaux de la Ville de Lausanne constatent que leurs bénéficiaires sont entravés dans leur insertion professionnelle, faute de solution de garde. Le Service de l’accueil de l’enfance lausannois propose alors au Service de prévoyance et d’aide sociale du Canton un projet de garderie adapté aux besoins de leurs bénéficiaires. C’est ainsi que nait en 2016 l’IPE du Valentin.

 

Des modèles de financements croisés

À l’IPE de Marterey, le financement des places (en dehors de la part facturée aux parents) provient de différentes sources et dépend du public accueilli. La Direction générale de la cohésion sociale du Canton de Vaud y participe pour les bénéficiaires de l’aide sociale, les entreprises partenaires contribuent à celles réservées à leurs employé·es et la Ville de Lausanne aux places utilisées par les familles résidant sur son territoire.

 

Des ressources spécifiques nécessaires

Un des défis rencontrés par les équipes éducatives dans le cadre de ces deux projets est la capacité de développer le lien de confiance avec les parents qui ne connaissent ni le système ni la langue. En outre, les deux dispositifs sont souvent le premier lieu où le processus de séparation va être expérimenté et doit se faire au rythme de l’enfant et de sa famille.

 

Une mesure efficace pour lutter contre la précarisation

Malgré leurs différences de conception et de financement, les deux structures constatent que leurs prestations sont bénéfiques pour les enfants. Accéder à ces offres permet en effet à ces petit·es de vivre des interactions sociales et de découvrir les règles de vie propres à ces lieux. Ils et elles expérimentent également un nouvel environnement ludique et culturel, développent leur langage et apprennent le français. De plus, ces enfants bénéficient d’un regard extérieur sur leur développement et, si nécessaire, d’actions préventives.

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Appel à contributions : le dossier thématique consacré à l’activité physique

Appel à contributions : le dossier thématique de la revue veut explorer les projets, recherches et autres initiatives abordant le sport et le mouvement en Suisse romande, en lien avec la santé publique et le travail social.

Par Céline Rochat

Mens sana in corpore sano. « Un esprit sain dans un corps sain ». Entre la fin du Ier siècle et le début du IIe déjà, le poète satirique Juvénal relevait les liens entre santé mentale et santé physique dans une citation ayant, depuis, traversé les siècles. Le fait de mobiliser son corps pour prévenir certains troubles, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension, les apnées du sommeil, l’arthrose ou encore la dépression, n’est plus à prouver. Pourtant, « 81% des adolescents et 27,5% des adultes ont actuellement un niveau d’activité physique inférieur à celui recommandé par l’OMS, ce qui a des conséquences pour eux tout au long de leur vie et pour leur famille, mais aussi pour les services de santé et la société dans son ensemble ». Dans son Rapport mondial de situation sur l’activité physique, publié en 2022, l’Organisation mondiale de la Santé indique que si la « prévalence actuelle du manque d’activité physique reste inchangée », 47% des nouveaux cas de maladies non transmissibles résulteront de l’hypertension, et 43% de la dépression. Une véritable urgence en matière de santé publique.

Modalités pratiques

Les articles du dossier annuel de REISO « Sport et mouvement » sont publiés de janvier à décembre 2024. Les textes peuvent prendre diverses formes, que ce soit une synthèse de recherche, une réflexion, une présentation d’action sur le terrain ou un partage d’expérience.

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