Univers carcéral: immersion dans les réalités LGBTQ+

Un nouvel article du site REISO à découvrir

Univers carcéral: immersion dans les réalités LGBTQ+

Par Camille Béziane, responsable des Klamydia’s, Quentin Delval, ancien secrétaire général de Vogay et Aymeric Dallinge, président du Pôle Agression et Violence

La situation carcérale des détenu·e·s LGBTQ+ varie fortement, notamment en fonction des lieux de détention, des professionnel·le·s et co-détenu·e·s auxquel·le·s ils et elles sont confronté·e·s. Une recherche dresse un état des lieux contrasté.

 

Extraits :

INTRODUCTION

La situation actuelle en Suisse

Fin juin 2021, le Centre Suisse de Compétences en matière d’exécution des sanctions pénales (CSCSP) publiait un document cadre au niveau national, élaborant des recommandations, non contraignantes, pour la prise en charge des personnes LGBTIQ+ en détention. Rien de tel n’existait jusqu’à présent en Suisse, et ce document vient à la fois combler un manque ressenti sur le terrain, tant du côté du personnel et des représentant·e·s des institutions, que de celui des personnes détenues.

A l’occasion de la publication de ce document cadre, la revue en ligne REISO a contacté le Pôle Agression et Violence, les Klamydias et Vogay pour solliciter une réaction de ces associations communautaires. Il a alors été décidé de co-écrire le présent article, résultat de quelques semaines d’enquête, de documentation et de réflexion.

 

Les personnes LGBTQ+ en prison, une population rendue invisible

Les personnes LGBTQ+ en détention subissent un phénomène de double invisibilisation. D’une part, elle empêche d’évaluer la part de la population carcérale qu’elles représentent, et, d’autre part, d’accorder l’importance adéquate à la question de leurs conditions de vie. Les entretiens menés, ainsi que la lecture du rapport, établissent pourtant clairement la légitimité de cette question et le besoin d’y apporter des réponses spécifiques.

Ces détenu·e·s sont confronté·e·s à des expériences particulières en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Il s’agit par conséquent de comprendre cette double invisibilisation et d’affirmer le besoin de la dépasser pour traiter correctement la question des conditions de détention de cette population.

 

La prison, perpétuation d’une société machiste et patriarcale

Les interviews font état d’une situation contrastée pour les détenu·e·s LGBTQ+. Cette hétérogénéité dépend de nombreux facteurs, liés à la fois à la prison en tant qu’organisation et à la condition des prisonnier·e·s.

Certains établissements pénitentiaires sont plus récents que d’autres, ce qui peut influencer l’ancienneté du personnel présent sur place, et potentiellement sa sensibilité aux questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle. L’emplacement géographique, en milieu urbain ou rural, peut jouer un rôle dans le quotidien des détenu·e·s ; tout comme le type d’établissement. La situation n’est pas la même s’il est préventif ou pour l’exécution des peines, s’il implique des mesures avec privation de liberté partielle ou totale ou encore si l’accès au travail est possible.

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