Les inégalités numériques

Un article du site REISO

 

Quelle insertion socioprofessionnelle numérisée ?

Par Maël Dif-Pradalier, professeur ordinaire, et Thomas Jammet, adjoint scientifique, Haute école de travail social Fribourg (HES-SO)

L’activité des travailleuses et travailleurs sociaux engagé·e·s dans l’insertion socioprofessionnelle évolue fortement avec le développement du tout numérique. Une recherche nationale veut explorer cette problématique.

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Extraits :

Systématiquement présentée par les pouvoirs publics sous les traits de l’innovation et de la simplification, la transition numérique s’avère source de nombreux avantages. Parmi ceux-ci, citons les nouveaux emplois, l’accès facilité à l’information (et, potentiellement, à des droits et à des prestations), la centralisation des procédures ou encore la transparence et la réactivité des organisations. Cependant, elle créé également des difficultés inédites (ou en réactualise) en matière d’inclusion et d’insertion, tant pour les citoyen·ne·s et bénéficiaires de l’aide sociale que pour les professionnel·le·s du travail social.

 

Inégalités aggravées par la pandémie

Les inégalités numériques, documentées dans de nombreux pays, n’épargnent pas la Suisse. Ici comme partout ailleurs, elles se sont accrues avec la crise sanitaire, économique et sociale liée au Covid-19. En effet, de nombreuses procédures de recrutement et d’embauche ont été menées en visioconférence, les suivis individuels ont dû intégrer une dose de « distanciel » imposée et les inscriptions aux formations ont été intégralement numérisées.

La pandémie a mis en lumière l’étendue du phénomène de l’illectronisme (ou illettrisme numérique, soit l’incapacité à utiliser correctement des outils informatiques), qui « toucherait une personne sur dix en Suisse ».

 

Marché du travail en mutation

L’essor des technologies numériques a connu des accélérations importantes, d’abord à la suite de la crise économique de 2008, puis, plus récemment, dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Ce bond technologique, que d’aucun·e·s qualifient de « quatrième révolution industrielle » à la suite de Schwab (2016), combine numérisation et automatisation des tâches, des processus de production et des relations socio-économiques. Il expose le marché du travail et ses « mondes », dont celui du travail social, à des changements profonds et durables.

Ces transformations remettent en question les formes traditionnelles d’emploi héritées de la période dite fordiste, au point de réactiver le débat sur le futur du travail (Organisation internationale du travail) à la faveur notamment des nouvelles formes de concurrence-coopération entre humain·e·s et machines. Elles touchent, à des degrés divers, toutes les activités humaines et brouillent les distinctions classiques de l’économie politique entre production, distribution et consommation.

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